Rapport de la commission technique de revue du code électoral : L’opposition et le pouvoir en désaccord sur quatre points

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La commission technique de revue du Code électoral a remis hier son rapport au ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo. Ledit rapport a noté 4 points de discorde entre les acteurs. Des points essentiels pour l’opposition.

Au début était un vœu. Celui de voir toutes les parties prenantes aux travaux de la commission technique de revue du Code électoral de s’accorder autour de l’essentiel, en vue d’un large consensus. Mais ce vœu du ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo, bute sur 4 des 12 points qui devaient être débattus. Le rapport de la commission technique a été remis hier au ministre de tutelle. C’était juste une présentation du rapport. Il n’y a pas eu de débats. Une situation que dénonce Déthié Fall, représentant de l’opposition. «Nous avons eu des désaccords majeurs sur des questions essentielles, comme la refonte partielle du fichier électoral. Nous avons souligné la confirmation et la radiation qui constituent des coups durs sur notre démocratie, connue majeure et toujours adulée. Il y a aussi le point sur l’augmentation du nombre de députés à l’Assemblée nationale, le bulletin unique, le mode de scrutin aux Législatives. Nous dénonçons aussi le comportement du ministre de l’Intérieur qui n’a même pas voulu ouvrir les débats. C’est un comportement craintif pour quelqu’un qui veut rassurer. Sa personne constitue le premier élément de la matrice à problèmes dans le processus électoral. Son départ n’est même plus une demande de l’opposition, mais une demande sociale. Il a montré ses limites objectives. Il n’est pas capable d’organiser une élection transparente dans ce pays. Ce qui s’est passé aujourd’hui le prouve. Il doit rapidement partir et disparaître du processus électoral de ce pays», soutient-il.

Amsata Sall est le président de ladite commission. Il s’est dit satisfait des travaux de la commission. «Même si les discussions ont été âpres, les procédures de travail largement discutées avec parfois des divergences de vue dans certains aspects, il n’en demeure pas moins que le seul fait d’être en conclave durant 45 jours à échanger, constitue en soi, un grand motif de satisfaction. Nous avons noté une forte propension à l’écoute, ainsi qu’une volonté partagée d’arriver, en dépit de quelques difficultés, à des solutions consensuelles. Les approches différenciées des uns et des autres ont permis d’approfondir les questions posées, malgré l’environnement et le cadre de discussion, marqué naturellement par l’expression de sensibilité différente.» Il ajoute : «Le Secrétariat de la commission a recensé 8 points d’accord sur les 12 préalablement arrêtés, dont celui portant sur une refonte partielle du fichier électoral, il y a eu un accord sur le principe. La fusion de la carte nationale d’identité et de la carte d’électeur, le vote des militaires et paramilitaires le jour du scrutin général, la participation des indépendants aux élections avec signature et définition du candidat, l’insertion des règles d’organisation du référendum dans le Code électoral, les recommandations de la Commission nationale électorale autonome, notamment la création de Commissions départementales de recensement des votes des Sénégalais de l’extérieur, la carte électorale, la parité.»

Abdoulaye Daouda Diallo a, pour sa part, affirmé que le rapport sera soumis à l’arbitrage du Président Macky Sall. «Les responsables de mes services sont disponibles à examiner toute nouvelle proposition, quel que soit le moment, susceptible de faire objet de consensus et allant dans le sens de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui ‘’les bonnes pratiques électorales’’.»

L’opposition qui n’est pas contente de l’adoption du rapport compte se faire entendre.

Avec L’Observateur

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