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Le Président Macky Sall a invité la Senelec à réfléchir sur la possibilité de réduction du coût de l’électricité en 2017. Le chef de l’Etat présidait, samedi à Bokhol, la plus grande centrale solaire de l’Afrique de l’Ouest. Bokhol, un exemple de célérité, prouve, selon Macky Sall, que tous les projets d’un Sénégal émergent peuvent être réalisés.
Le Sénégal fait désormais partie de ce groupe restreint de producteurs d’énergie solaire. La centrale solaire photovoltaïque de Bokhol, dénommée Senergy 2, permettra d’injecter 20 Mégawatts dans le réseau de distribution de la Société nationale d’électricité (Senelec). Cette énergie devrait couvrir les besoins en consommation de 160 000 personnes à travers le pays, d’après les promoteurs du projet. Ces efforts consacrés dans la production d’énergie devraient avoir un impact sur le coût de l’électricité, préconise le chef de l’Etat. Le consommateur sénégalais pourrait ainsi casquer moins que d’habitude pour être approvisionné en électricité. Sous peu. Si toutefois, l’invite lancée par Macky Sall à la Senelec aboutit. Le souhait du président de la République est de réduire le prix de l’électricité.
Réduction du prix de l’électricité, un vœu du Président Sall
A Bokhol, commune du département de Dagana, sise à 120 km à l’Est de Saint-Louis, où il procédait samedi à l’inauguration de la plus grande centrale solaire de l’Afrique de l’Ouest, le Président Sall a appelé le Directeur général de la Senelec, Mouhamadou Makhtar Cissé, et ses collaborateurs à réfléchir sérieusement sur les dispositions nécessaires dans le but de soulager la bourse des consommateurs. Pour lui, cette baisse est faisable, eu égard des bilans positifs notés ces dernières années par la société en charge de l’électricité. La réduction des coûts des produits pétroliers et les performances réalisées par Senelec dans la lutte contre la fraude et les pertes techniques peuvent favoriser cette réduction du prix de l’électricité vendue aux consommateurs. «La société a pu se passer, aujourd’hui, de la subvention annuelle de l’Etat qui était de l’ordre de 105 milliards FCfa en 2012. En quatre ans, on a beaucoup fait pour ce secteur de l’énergie. Cela doit donc permettre de réviser la structure tarifaire au profit des consommateurs. Les partenaires n’ont pas à avoir peur, car ils seront payés», a ajouté Macky Sall. Revenant sur les exploits de la Senelec, Macky Sall a rappelé que le coût de production de l’électricité est passé de 97 FCfa le Kw/heure en 2012 à 44 FCfa le Kw/heure. De 900 heures de coupures en 2011, la société d’électricité est aujourd’hui en dessous de 80 heures de coupures.
Bokhol est, selon le Président Sall, une leçon de célérité dans la réalisation des projets du Plan Sénégal émergent (Pse). C’est ainsi une grande leçon à méditer du travail bien fait et dans les délais. «A tous ceux qui en doutent encore, je demande de venir apprendre la leçon de Bokhol. C’est la preuve qu’à force de volonté et de détermination, on peut réaliser toutes les ambitions d’un Sénégal émergent.» La mise en service de cette centrale photovoltaïque consacre l’entrée de plain-pied du Sénégal dans l’ère des énergies propres, contribuant ainsi à sauvegarder la planète par la réduction des gaz à effets de serre. Cette centrale nous permettra ainsi d’éviter une émission annuelle de 25 000 tonnes de CO2, a-t-il laissé entendre. «A l’image du Walo éternel, la cité de Bokhol doit aussi être fière de nous avoir mis dans le bon sens de l’histoire et de l’actualité, à quelques semaines de la Cop22 à Marrakech, où il sera beaucoup question d’énergies renouvelables.»

Un partenariat public-privé

Le Sénégal projette d’atteindre une production de 20% d’électricité solaire d’ici 2017 et compte être la locomotive des énergies durables en 2017. Ainsi, six nouvelles centrales doivent sortir de terre très prochainement. D’ailleurs, celle de Malicounda, dans le département de Mbour, devant produire 20 MW, sera officialisée dans quelques jours.
La centrale de Bokhol est le fruit d’un partenariat public-privé entre la Caisse des dépôts et de consignation du Sénégal (Cdc) et des investisseurs privés locaux et internationaux. Pour son directeur, la Cdc qui a contribué à hauteur de 3,2 milliards de FCfa sur les 17 milliards d’investissement, est le seul partenaire institutionnel public présent autour de la table, avec près de 33% du capital. «A l’heure de la Transition Energétique et Ecologique, ce projet non polluant aidera significativement le Sénégal à respecter ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale, notamment en termes de lutte contre le phénomène du changement climatique», a indiqué Thierno Seydou Niane. Avec ce projet, le volume de portefeuille de participation de la Cdc depuis 2012 se situe à plus de trente milliards de francs CFA répartis dans divers secteurs d’activité tel que le logement social, la santé, le transport aérien, et projets structurants du Pse.