ZONES ENCLAVÉES DE MATAM : LE TAUX ELEVÉ AVORTEMENTS INQUIÈTE

Les avortements constituent un fléau dans les zones difficiles d’accès des départements de Matam et Ranérou. Selon les témoignages recueillis, ils sont dus au manque de structures sanitaires et de personnel de santé qualifié.

Dans les zones reculées des districts sanitaires de Ranérou et Matam, les femmes interrogées lors de la caravane d’offre des services de la planification familiale ont avoué avoir fait des avortements spontanés. La fréquence de ces derniers est relative au manque d’infrastructures sanitaires et de personnel qualifié capable d’assister les femmes pendantles accouchements.

Parmi les femmes ayant fait au moins un avortement, Aminata Ndiaye. Sur les sept grossesses qu’elles a contractées dans les liens du mariage, elle a avorté deux fois. La dame accuse le manque d’infrastructures sanitaires et de personnel de santé. En plus de cela, les femmes des villages enclavés avortent à cause des grossesses rapprochées, mais aussi de leur âge avancé.

Agée de 44 ans, Maïmouna Konté ne veut pas arrêter de donner naissance. Conséquence : sur 9 grossesses, elle a avorté 4 fois, sans compter le bébé perdu six mois après sa naissance. Cette femme originaire de Thilogne, à une cinquantaine de kilomètres de Matam, malgré les explications des sages-femmes, promet de mettre encore d’autres enfants au monde.

Selon elle, les avortements dépendent de la volonté de Dieu. « Si le bon Dieu ne veut pas qu’un enfant naisse, quels que soient les moyens qu’on mettra en œuvre, ce dernier ne survivra pas », soutient-elle. Aïssatou Sall, elle, a avorté 3 fois sans le vouloir. Cependant, elle a reconnu que ces avortements non désirés lui ont permis d’espacer les naissances.

« Les avortements sont douloureux, mais parfois ils permettent d’éviter les grossesses rapprochées », avoue-t-elle. Pour Coumba Ndiaye, les trois enfants perdus par avortement sont dus aux travaux ménagers. « Ici, quand on tombe en état de grossesse, on continue à faire les mêmes tâches ménagères, c’est-à-dire la cuisine, le linge du mari, de la belle-mère, des beaux-frères et des enfants.

 

Tout ceci favorise les avortements, d’autant plus que nous n’avons pas de médecins et des sages-femmes qui peuvent convaincre nos maris en leur disant qu’une femme enceinte ne peut pas tout faire », se désole la jeune Coumba qui dénonce les conditions de vie des femmes rurales.

Salimata Bâ n’a pas encore d’enfants. Elle est venue demander des conseils auprès des sages femmes, parce qu’ayant avorté 7 fois. Tous les avortements surviennent au deuxième mois de grossesse. Les larmes aux yeux, Salimata, contrairement aux nombreuses femmes des villages des localités enclavées de la région de Matam, veut un remède contre les avortements.

Pour le médecin-chef du district de Matam, Dr Niène Seck, les nombreux avortements sont dus au manque de structures de santé et de suivi des femmes en état de grossesse. « Pour être suivi, il faut que la femme fasse une trentaine de kilomètres pour voir une sage-femme ou un infirmier.

Ce qui entraine souvent des avortements dans ces zones », explique-t-il, révélant que, heureusement, les sages-femmes et les infirmiers ont été formés récemment sur les soins après avortement.

 

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