SYRIE

Syrie: cessez-le-feu de l’armée alors que reprennent les négociations d’Astana

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L’armée syrienne a annoncé que ses opérations de combat étaient suspendues jusqu’au jeudi 6 juillet dans les provinces de Deraa au sud du pays, et de Kouneïtra où l’armée israélienne a tiré récemment contre certains de ses avant-postes. Il s’agit de la deuxième trêve unilatérale de ce genre en 15 jours dans cette région alors que reprennent à Astana, au Kazakhstan, des discussions de paix.

Cette trêve fait suite à des pressions exercées par la Russie sur son allié syrien pour tenter de convaincre les groupes rebelles de participer à la réunion d’Astana, au Kazakhstan, qui réunit ce mardi 4 juillet et mercredi les trois pays garants du cessez-le-feu, la Russie, la Turquie et l’Iran, et des représentants du régime et des insurgés.

Moscou espère avancer sur l’accord des cinq «zones de désescalade», décidées le 4 mai dernier, et qui peine à se concrétiser sur le terrain. L’une de ces zones se situe justement à Deraa. Mais depuis le 20 juin, de violents combats secouent cette région, où les troupes gouvernementales et les rebelles cherchent à imposer des faits accomplis sur le terrain, avant la mise en œuvre de l’accord d’Astana, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Astana: des discussions sécuritaires dans un contexte nouveau

Les discussions d’Astana sont un prélude à un septième round de négociations sous l’égide de l’ONU le 10 juillet à Genève. A Genève, le dernier round de négociations s’est achevé le 19 mai au bout de quatre jours, sans réel progrès. Mais selon Hasni Abidi, directeur du Centre de recherches sur le Monde arabe et méditerranéen (Cermam) estime que la donne a changé depuis la dernière réunion du même type. « C’est le 5ème round d’Astana, il a le mérite d’exister et surtout de continuer. Il faut rendre hommage à ce cycle de négociations… Le dernier en date est arrivé à la question des zones de désescalade, à un mécanisme pour le respect du cessez-le-feu, et pour la prochaine réunion (ce mardi et mercredi) on va discuter justement de l’élargissement de ces zones qui ont tenu bon ».

Un rendez-vous à Astana qui intervient dans un contexte nouveau en Syrie, rappelle Hasni Abidi : « la sortie de Daech bientôt de Mossoul, mais aussi la difficulté de ce mouvement, de cette organisation à Raqqa sont des faits nouveaux qui vont influencer les négociations à Astana».

Une situation explosive dans cette région limitrophe de la Jordanie

Mais quelques heures à peine après l’annonce de la trêve, les duels d’artillerie et les raids aériens se poursuivaient dans la ville de Deraa et ses environs. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, des hélicoptères du régime ont largué, lundi soir, au moins 15 barils d’explosifs sur la partie de Deraa contrôlée par les rebelles. Ces derniers ont pilonné aux canons des positions de l’armée dans le secteur.

La situation est très explosive car les enjeux de cette bataille sont importants: pour le régime, il s’agit de reprendre le contrôle de la frontière avec la Jordanie. Pour les insurgés, le but est de conserver le plus de territoire possible avant un éventuel cessez-le-feu total.

RFI

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