baie de Hann

Scandale: la dépollution de la baie de Hann n’aura pas lieu

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C’est à croire que le projet de la dépollution de la Baie de Hann qui, naguère faisait la fierté des populations voisines de Hann à Mbao en passant  par Dalifort et Thiaroye, et suscitait l’espoir des nombreux industriels gros pollueurs installés sur le tracé situé entre le Port autonome de Dakar, Yarakh jusqu’à Petit Mbao, est réellement hanté. Alors que les franges de populations qui étaient jusque-là réticentes commençaient à accepter la mise en œuvre à la suite d’une action soutenue de communication sociale, ce projet n’arrive plus à décoller. Il est devenu complètement plombé.

Les raisons ne seraient rien d’autres que de forts soupçons de manipulations concernant un lot de marché de plus 15 milliards FCFA pour la réalisation de l’intercepteur long de plus de 13 km, qui avait poussé l’un des bailleurs à vouloir relancer l’appel d’offres. Un autre marché de moindre ampleur mais posant également de sérieux problèmes de respect de procédures est relatif à l’attribution de la mise en œuvre des activités d’IEC (Information, Education et Communication) y afférentes, qui risque d’échapper à l’entreprise qui a réellement gagné parce que de faux procès-verbaux ont été maladroitement confectionné au profit d’un autre soumissionnaire qui se trouverait en deuxième position mais étant plus cher d’une centaine de millions environ.

La relance du marché de l’intercepteur sur lequel les bailleurs se sont surtout focalisés, n’ayant pas été faite en dépit des différentes missions de supervision et  rencontres de réglage en haut lieu, confortant ainsi les soupçons de conflits  d’intérêts et de corruption, la Banque Européenne d’investissement (BEI) qui devait participer au financement du projet à hauteur de 20 millions d’euros (environ 13 milliards FCFA), a officiellement décidé de se retirer. Pour sauver le projet, selon nos sources, l’Agence Française de Développement (AFD), l’autre bailleur du projet pour un montant de 30 millions d’euros (environ 20 milliards FCFA), devait venir à la rescousse.

En effet, elle s’était proposée de se substituer, partiellement, à la BEI, mais aurait décidé, aux dernières nouvelles, de geler sa participation. Du moins, pour la gouvernance du projet.

En vérité, le malaise est devenu tellement profond dans la gestion de ce projet que les hautes autorités sont en train de s’entremêler les pinceaux pour lui trouver une issue heureuse. Pour sauver le projet, des solutions qui déparent d’ailleurs avec toute logique de gestion de projet sont ainsi proposées par les bailleurs et acceptées par les autorités mais avec une application différée des mesures qui doivent s’en suivre. Pendant ce temps, au sein de l’ONAS, maitre d’ouvrage dudit projet, les activités de coordination sont quasiment gelées ; le Directeur général, Alioune Badara DIOP, principal accusé, n’étant plus en odeur de sainteté avec les bailleurs de fonds. Tellement, il a perdu la confiance des bailleurs, dit-on, qu’il ne peut plus passer le moindre marché dans le cadre d’autres projets comme celui de Pikine Irrégulier Sud 2, présentement confié à l’APIX.

Notons que le projet de dépollution de la Baie de Hann qui a battu tous les records de longévité, a été lancé depuis 2008 pour une durée de mise en œuvre de quatre ans au plus. Il avait pour finalité de réhabiliter la baie pour la baignade et les plaisances, d’y développer la pêche et diverses autres activités économiques. Sur le plan environnemental, il devait permettre de collecter et de traiter avant rejet, les eaux usées brutes provenant surtout des industries installées sur tout le long de la baie ainsi que celles des ménages environnants.

Dakarmatin

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