Audio en français

Audio en wolof

Pour lutté contre les accidents de la route causé par la mauvaise conduite des chauffeurs et autres. Le Premier Ministre a annoncé à sept mesures dont l’instauration du permis à points. Si cette mesure est saluée par l’opinion publique, des acteurs doutent de se faisabilité sur le terrain.

En France, le permis à point  y a été introduit depuis 1er juillet 1992. Une initiative à vocation pédagogique, le système permet d’éviter les infractions et surtout  les récidives. Il pousse les conducteurs à respecter le Code de la route en les pénalisant jusqu’au retrait de permis. Au nombre de 12, ces points sont récupérables. Chaque infraction entraîne une perte de points (plus ou moins importantes en fonction de sa gravité), une fois arrivé à zéro, le permis est invalidé.  La perte de points de permis et la menace d’un retrait de permis en cas de solde de points nul vont alerter et responsabiliser les conducteurs. Le système du permis à points a permis de diviser par deux le nombre de tués sur les routes de France. Nous informe dakar 7.

Au Sénégal, le système est à l’état de projet. Mais avons-nous réellement les moyens humains et techniques d’instaurer le permis à points? Parvient-il à changer le comportement des  conducteurs ?

Gora Khouma, secrétaire général du Syndicat des transporteurs, reste sceptique. M. Khouma pense que la décision est prise dans la précipitation et elle risque de favoriser la corruption. « Je suis contre la mise en place du permis à points ; cela favorisera la corruption. », dit-il.

Poursuivant son argumentation, Gora estime qu’il faut en premier lieu une mise en place suffisamment d’agents de circulation afin de corriger le mauvais comportement des conducteurs et des vidéos de surveillance au niveau des grandes artères. Convaincu que le Sénégal n’est pas encore prêt pour instaurer le permis à points, M. Khouma invite les autorités à réfléchir encore sur ce projet. « Je pense qu’on devrait mettre l’accent sur la construction des routes. Et après l’obtention du permis, mettre en place des centres de formations pour les bénéficiaires, les mettre dans de bonne conditions ».

Plus de 9 milliards investis par le secteur privé, selon Directeur général des Transports routiers

Mais le Directeur général des Transports routiers, tente de dissiper les inquiétudes de M. Khouma. Selon Cheikh Oumar Gaye, des dispositifs sont déjà pris dans ce sens. Sur le plan technique et pratique, il annonce l’introduction d’une carte à puce dans le permis à points, la mise en place des forces de contrôle afin de vérifier la vitesse parcourue, et aussi si l’usager est en mesure de conduire. Pour ce qui est du coût du projet, le Directeur des Transports routiers soutient que c’est le secteur privé qui a mis plus de 9 milliards d’investissements. «L’Etat du Sénégal n’a déboursé aucun sou ; le marché est déjà gagné», dit-il.

S’agissant des risques de corruption, M. Guèye pense que c’est une question d’«état d’esprit» que doit avoir tout citoyen.  «L’objectif du permis à point, rappelle-t-il, c’est de sécuriser tout le monde et réduire les accidents routiers».

Contrairement à la France, le permis à point au Sénégal va porter 24 points dont 12 probatoires.

Samsidine DIATTA