On Ne Déshonore Pas Jammeh : Il Se Déshonore !

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Le chanteur Ouza Diallo dont les Sénégalais connaissent les étroites relations qu’il entretient avec l’ancien Président de la République de Gambie, a réagi. Et il n’est pas la seule célébrité qui exprime, en public ou en privé, des regrets par rapport au revirement hideux et abject de Yaya Jammeh que le pouvoir avait rendu fou et déraisonnable. Mais contrairement à ses convictions et à celles de beaucoup d’autres Africains, Yaya Jammeh est et demeure plus que jamais un aliéné qui ne s’est jamais accommodé des normes de la civilisation moderne et institutionnelle.

Son départ du pouvoir a toujours été un rêve de l’écrasante majorité du peuple gambien, un peuple soumis à une gouvernance loufoque, à un ordre politique absurde et à un système échevelé et totalement suranné.

Cet homme devait et doit partir. Il y va de l’image de la Gambie et de sa respectabilité dans la scène africaine et dans le reste du monde. Jouer au messie, porter le manteau d’un traceur de destin, appliquer une gouvernance divinatrice et soumettre son peuple à un rythme de vie méphistophélique, ne font ni émerger une Nation encore moins percer une économie.

Pratiquement aucun chef d’Etat du monde ne voue à Yaya Jammeh une considération due à son rang. Pour l’écrasante majorité des Africains, il est identifiable à un comédien dont le seul accoutrement et les seuls propos publics provoquent le rire. Pendant 22 ans, il a été un Président de la République d’un pays africain indépendant, qui s’est toujours considéré comme un Vice-Dieu capable de ramener une âme éteinte ou de guérir une maladie incurable.

Un homme à écarter et traduire en Justice

Le revirement de Yaya Jammeh n’est que le résultat d’une lecture claire et nette du rétroviseur. Pendant des décennies, il a régné à la tête de la Gambie sans pratiquement jamais rencontrer de problèmes parce que ignoré, marginal et occulte, avec comme unique stratégie pour créer en lui une énigme le culte du mystère, de la sorcellerie, de la fantasmagorie, du spiritisme et de la conspiration sur fond d’embastillement de citoyens, de supplice et de géhenne volontairement entretenue.

Yaya Jammeh est un homme extravagant, trop attaché au confort bancaire et il n’a d’équilibre que dans l’aisance financière. Ses comptes bancaires installés dans les paradis fiscaux et aux Etats-Unis, sont faramineux et fantastiques. Il a tué. Il a torturé. Les prisons de la Gambie sont peuplées d’innocents dont le seul tort est d’oser s’opposer à son système politique. On y périt atrocement sans aucune forme de procès. Et il sait bien pourquoi, il a retiré la Gambie des Instances juridiques internationales comme la CPI.

Habitué aux délices, aux bonheurs, aux extases et au nirvana qu’offre le Pouvoir, vivre en dehors de celui-ci et surtout dans l’hypothèse indubitable d’un procès pour ses actes criminels de scélérats, lui serait pratiquement une question de vie ou de mort ! En ce seuil du 21ème siècle, il serait inconcevable qu’un satrape absolutiste, impérieux et despotique, tienne un pouvoir dans une Afrique peuplée d’âmes pures et mûres, en phase avec la marche du temps !

Un despote déchu et disqualifié

Dans l’histoire du monde, les dictateurs ne finissent par quitter les Pouvoirs, soit par l’exil, soit par les armes. Ce sera le cas de Yaya Jammeh dont le départ attendu, parce que déjà confirmé par les Urnes, sera pour le Sénégal une occasion de bien imposer la paix au sud, pour la Gambie une aubaine pour marquer sa présence en Afrique et pour les citoyens sénégalais de circuler en paix et librement sans jamais être inquiétés.

Presque aucun Gambien n’exprimait une fierté d’être de ce pays à cause de l’image grotesque et fantasque de Yaya Jammeh. « His Excellence Cheikh Professeur Alhaji Docteur Yahya AJJ Jammeh Babili Mansa » ! C’est le nom burlesque et bouffon que cet homme s’était donné, non pour diriger la Gambie, mais pour y régner à la manière d’un roitelet qui n’apparait jamais sans un grotesque grand-boubou, un Coran qu’il ne suit pas, un sceptre et un chapelet de prière !

La presse fut muselée. Les opposants furent atrocement surveillés et régulièrement fouillés. Avec lui, des journalistes, des personnalités civiles, et même des artistes qui ne louaient pas ses éloges, étaient vite embastillés ou disparaissaient simplement. Et que des gens meurent en prison, il s’en fichait et le déclarait. Aux personnalités internationales, dont l’ancien Secrétaire général de l’ONU, qui demandaient une enquête sur les morts mystérieuses, Yaya Jammeh répliquait : «  Qu’ils aillent en enfer » !  Mais aujourd’hui, le destin lui est irréversible. Qui ira alors en enfer terrestre avant de répondre à l’enfer céleste ?

 

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