proc serigne

Monsieur le Procureur de la République, déchantez !

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Je vous ai écouté religieusement. S’il vous plaît, lisez-moi attentivement. Ne vous focalisez pas trop en bas. Sur la signature. Relevez les yeux et de grâce, lisez attentivement car je pense vous avoir bien écouté tout à l’heure. Il y a eu du bon et naturellement du mauvais dans votre séance d’informations à la presse. Je retiens qu’en votre qualité d’avocat de la société et dans un contexte social et politico-judiciaire assez chargé, vous avez eu raison de communiquer avec cette société sénégalaise à laquelle j’appartiens. Tout ça que du bon ! Et vlan ! Préparez-vous à un choc, sauf votre respect !

Je vous ai écouté menacer ce sénégalais qui osera tenir une appréciation négative (vous parlez de jeter le discrédit) sur la justice et la magistrature. Vous ne prenez pas donc au sérieux mon appréciation sur la diligence sélective des dossiers qui vous sont transmis. Je cherche à savoir pourquoi et vous me menacez. Peine perdue ! Sachez que je ne suis ni un laquais ni un pion que l’on fait porter une muselière. Je suis un « lion qui ne dort pas». Je ne suis pas payé pour tenir des opinions politiques. Ni pour menacer la société pour qui je suis gracieusement payé. Les opinions politiques que je tiens, je les tiens librement sans la saisine par qui que ce soit si ce n’est ma seule conscience citoyenne. Cette conscience citoyenne que votre collègue Ibrahima Hamidou Dème et moi aimerions partager avec d’autres sénégalais m’oblige encore à vous demander de déchanter. Je ne tairai pas mes appréciations sur ma justice. Jamais ! Ni mes critiques sur la magistrature. Pourquoi avez-vous pensé pouvoir me piquer mon opinion et me coller un procès pour délit d’opinion dans mon pays? Pourquoi pensez-vous pouvoir me faire refouler mon opinion sur la justice de mon pays parce qu’elle lui trouve quelques imperfections? Pourquoi pensez-vous diriger une institution qui peut quand elle veut priver le sénégalais de son droit ? Pourquoi vouloir me voir répéter votre opinion alors que nous n’avons pas le même « chef » ? Pourquoi ne voulez-vous pas m’entendre critiquer la justice si je la juge opportune ? Tant que n’ayons pas le même « chef », vous sera-t-il possible de me menacer avec succès ?  Pourquoi avez-vous abordé ce point de presse avec autant de passion violant même « le secret de l’instruction » sur l’affaire de la caisse d’avance de la Mairie de Dakar si effectivement la main politique soupçonnée par les politiques et les citoyens politiquement incolores n’y est absolument pour rien ? Pourquoi voulez-vous que l’on prend vos arguments sur « les mensonges médiatiques du maire de Dakar » pour parole d’Evangile ? Pourquoi voulez-vous que l’on considère que c’est le Maire qui raconte des contrevérités et que vous dites vrai sur toute la ligne ? Au nom de quoi le pensez-vous ? Pourquoi ne voulez-vous pas qu’on parle de traitement politique de cette affaire de caisse d’avance si c’est « le dernier dossier (qui est) traité avec diligence » alors que d’autres de l’IGE et de l’OFNAC accablant des politiques du régime avaient antérieurement atterri sur votre table ? Pour qui me prenez-vous ? J’ai beaucoup de respect pour cette institution que vous incarnez et j’en exige autant de vous. « Un point un trait ». Déchantez si vous pensez pouvoir me placer une muselière ou de œillères ! Déchantez si vous pensez pouvoir me placer une gifle sans broncher ! Si votre « chef » dit être un « lion qui dort », pourquoi disjoncter si l’on accuse sa « proie » de dormir ?

Si vous voulez que je ne tienne que des opinions positives sur la justice rendue en mon nom, sachez que je le veux plus que vous. Mais si vous voulez que je ne tienne que des opinions positives sur la justice et sur la magistrature parce que votre « chef » vous l’a demandé, hélas revenez demain. Et si, demain, vous revenez pour la même raison, revenez encore. Déchantez !

Ndiaga NDIAYE

 

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