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Les précisions du code de la presse adopté par l’assemblée nationale

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Suite à des années de négociations marathoniennes, l’Assemblée nationale  a adopté, à l’unanimité, le nouveau Code de la presse.

 Elaboré en 2010, presque cinq ans plus tard, la presse sénégalaise tient enfin son Code. Mais dorénavant, le métier de journaliste au Sénégal va être plus contraignant, plus stressant, plus inquiétant, tant pour les éditeurs de journaux que pour les journalistes. Les professionnels des médias, peu consultés sur ce nouveau texte, après sa seconde mouture passée rapidement du conseil de gouvernement au Parlement, ont dénoncé ce projet de Code de la presse qui, selon Mamadou Ibra Kanes’inscrit dans la lignée répressive. En fait, selon M. Kane, ce nouveau code comporte beaucoup d’autres dispositions sujettes à caution dont l’inflation des peines d’emprisonnement qui passent d’un maximum de trois à cinq ans, l’emprisonnement prolongé et la sanction financière exorbitante. De réelles menaces pour la liberté de la presse car ledit code n’élimine pas la peine d’emprisonnement pour un journaliste, mais la délocalise vers le code pénal. Les sanctions de peines privatives de liberté guettent les journalistes en vertu de l’application du code pénal, tout autant que la fermeture de journaux. Mais le ministre de la Culture et de Communication, Mbagnick Ndiaye, n’est pas du même avis. Pour lui, ce code va créer un meilleur environnement de travail pour les professionnels des médias.

‘’Il n’y aura plus d’aide à la presse’’

Désormais, l’on ne parlera plus d’aide à la presse. A en croire le ministre de la Culture et de la Communication, celle-ci sera remplacée à partir de l’année prochaine par un fonds d’appui au développement à la presse. Pour lui, il faut plutôt subventionner les entreprises de presse que distribuer des sommes d’argent. Ce qui, à son avis, ne permet pas d’améliorer les conditions de travail des professionnels de l’information et de la communication sociale. Embouchant la même trompette, Yaxam Mbaye, Secrétaire d’Etat à la Communication, a ajouté que l’aide à la presse, contrairement, à ce qui est avancé, n’est pas “destinée aux journalistes”, mais plutôt, dit-il, aux patrons de presses qui doivent faire face à certaines charges de fonctionnement.

“Les animateurs ne vont plus faire de la revue de presse”

N’importe qui ne va plus faire les revues de presse ou des titres. D’après Yaxam Mbaye, le Code de la Presse, en son article 37, distingue le journaliste et l’animateur de radio ou télévision qui fait de la revue de presse. “Avec le nouveau Code de la presse, les animateurs qui ne sont pas des journalistes, ne peuvent plus faire de la revue de presse”, a souligné affirmé Yaxam Mbaye. Selon qui, en dépit des efforts consentis par les uns et les autres, “beaucoup de choses qui se passent dans la revue de presse, sont contraires aux pratiques du journalisme”.

La presse en ligne au banc des accusés

Le vote du projet de loi du code de la presse a été une occasion pour les députés de faire le procès de la presse en ligne.  Ils ont déploré, à l’unanimité, les commentaires injurieux dans la presse sur d’’honnêtes’’ citoyens, sans compter les mauvaises informations qui ont des conséquences aussi bien sociales, familiales, économiques que culturelles. D’où la nécessité, selon les députés, de mettre des garde-fous. Aussi, ont-ils plaidé pour plus de contrôle et un durcissement des textes du Code de procédure pénale. Le député Modou Mberry Sylla, quant à lui, exige plus de contrôle de la part de l’Etat dans les organes de presse pour ‘’s’enquérir des conditions de travail des journalistes’’. ‘’L’État n’organise pas des inspections dans des rédactions pour vérifier si les dispositions de la convention collective sont respectées, afin de prendre des sanctions contre ces patrons de presse qui sont très prompts à s’attaquer à l’État si ce dernier commet un manquement’’, a-t-il plaidé.

 

rewmi

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