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Les Alliés, des Apéristes de catégorie B au sein de Benno Bokk Yaakaar

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C’est un président Macky Sall optimise qui s’est adressé hier à une chaine allemande, la Deutsche Welle (DW).

Il a tenu à dire qu’« il est vrai que les investitures, c’est-à-dire le choix des candidats que moi-même j’ai opéré, vont entraîner nécessairement des mécontentements, mais ces mécontentements ne peuvent pas quand même mettre en péril la force du parti ». Et pour cause ! Il estime qu’ils sont, «  depuis 2012 sur une trajectoire de victoire. Depuis 2012, nous avons gagné toutes les élections. Je ne vois pas pourquoi pour les législatives, on vivrait le contraire ».  

C’est vrai que l’Alliance pour la République (APR) a fait preuve de boulimie électoraliste lors de ces investitures et le Président Sall vient de nous en donner la raison. C’est que Macky considère ses alliés comme des membres de l’APR de catégorie B.

La réalité est qu’ils n’ont nullement été tenus en compte dans ce qui pourrait constituer leurs forces politiques réelles dans cette dynamique de collaboration sincère entre alliés. L’Urd de Djibo Kâ avec sa coalition a eu la plus grande humiliation elle qui n’a été nullement investie comme titulaire. Ces collaborateurs parlent même d’injure à leur endroit, tellement le manque de considération à leur égard est criard.

Même son de cloche du côté de l’Afp, du Ps et même d’autres partis de moindre calibres qui ont tout simplement été zappés alors qu’elles représentent des forces dans leurs localités.

Aujourd’hui que les jeux sont faits, Macky donne une interview à une chaine étrangère en oubliant de parler de BBY à la place de l’APR. Il ne parle que de son parti au point que l’on peut penser qu’il confond l’Apr à Benno Bokk Yakaar. La réalité est qu’il n’en est rien. Le Président Sall sait qu’il n’y a pas eu d’investiture au sein de l’Apr mais de la coalition BBY mais il donne la preuve que même s’il respecte ses alliés, ils les considèrent comme des membres de son parti qui fonctionnement en réalité comme un vaste mouvement de soutien.

Comme Tanor, Niass, Djibo Kâ et les autres sont dans “le Macky”, celui-ci n’est pas loin de les considérer comme des membres de son parti même s’ils sont de catégorie B.

Ce qui se passe en fait, c’est que Macky considère qu’il a déjà assez rétribué ses alliés par des postes alléchants sacrifiant même ses partisans qui râlent. Il estime par conséquent ne pas leur devoir grand-chose. C’est ainsi que s’agissant des investitures, il a, enfin, fait la part belle à son parti même s’il sait que tout le monde ne peut pas figurer sur la liste.

C’est pour cela qu’il est assez optimiste s’agissant de l’Apr car, il a fait le maximum au détriment d’alliés qui ont déjà eu leurs parts du gâteau.

En somme, qu’est-ce à dire ? Eh bien cela veut dire que les éléments radicaux des partis comme le Ps, l’Afp ayant déjà fait rébellion et plié bagages comme Gackou et Khalifa, Macky sait qu’il n’a plus des alliés dans ses partis, mais des partisans même si ces derniers gardent, encore, la couleur de leurs formations politiques.

Le Président, à DW, aurait dû parler de BBY et étaler la belle expérience sénégalaise en la matière. Mais non, il a préféré désigner l’APR au moment où il sait que les plus vives contestations l’ont été au niveau des alliés.

Et même là aussi le clin d’œil de Macky les concerne. Il leur a rappelé, en filigrane, leur obligation de lui rendre la monnaie de la pièce lors de ses législatives au risque justement de devoir perdre des postes et des avantages importants. Il sait qu’il n’a pas un grand souci à se faire car ni Niass ni Tanor ne vont renier leurs engagements de le soutenir. Et que même si c’était le cas, Macky sait que ces partis ont largement perdu de leur superbe.

Une situation qui consacre, une fois de plus, l’enterrement avant la lettre de ses derniers qui ont préféré cheminé avec Macky au grand dam de nombre de leurs frères ou camarades.

Le fait d’être zappée des listes va permettre à l’APR de corriger une erreur historique, celle d’être minoritaire à l’Assemblée nationale face à des Alliés très puissants.

Aujourd’hui, la barre sera redressée en perspectives de la Présidentielle où ses apéristes de catégorie B n’auront d’autres choix que de battre campagne pour Macky, engagements auxquels ils ont déjà souscrits.

Cette situation, inédite, pose la problématique des alliances ou coalitions de partis qui, sous Macky, ont dû être sabordés et ont perdu largement de leurs identités et de leur crédibilité.

 

Assane Samb

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