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Le rêve utopique de l’opposition d’un 23 juin bis

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Karl Marx disait que l’histoire ne se répète pas, ou alors, ce sera comme une farce… Cette maxime trouve toute sa quintessence dans la posture nihiliste et peu républicaine de l’opposition, désagrégée par la perte du pouvoir et qui entreprend de déstabiliser la coalition actuelle au pouvoir sur des bases imaginaires.

Des esprits retors et nostalgiques de lambris du pouvoir, comme dans un rêve impossible, voudraient que les mêmes conditions qui ont engendré leur défaite électorale à la présidentielle de 2012, se reproduisent ici et maintenant en leur faveur, à la veille des législatives de 2017, dans l’objectif de rendre ingouvernable l’Etat du Sénégal avec la théorisation d’une cohabitation, prélude à leur retour au pouvoir.

En effet, l’opposition actuelle est en train de développer des stratégies tendant à recréer la même atmosphère politique contextuelle qui prévalait sous la gouvernance du président Wade, afin que les mêmes causes puissent produire les mêmes effets et favoriser ainsi les conditions d’un renversement de situation. Cette opposition là, oublie que, pour qu’une lutte soit révolutionnaire, il faut qu’elle soit basée sur des causes justes et réelles pouvant mobiliser les classes moyennes montantes.

De la comparaison entre, le mode de gouvernance du président Wade qui a engendré le mouvement révolutionnaire du 23 Juin, occasionnant son départ du pouvoir et le mode de gouvernance du président Macky Sall, les différences sont aussi évidentes qu’extrêmes. Au jeu des comparaisons, il est très étonnant que l’opposition actuelle veuille assimiler les mêmes conditions qui ont concouru à leur défaite électorale en 2012, à celles d’aujourd’hui, foncièrement d’un tout autre ordre.

L’histoire ne se répète pas, au sens où une société évolue continuellement avec des différences constantes, au point que les solutions ne sont jamais les mêmes.

Si l’histoire ne se répète pas, Winston Churchill ajoutait cependant, que le peuple ne doit jamais ignorer son passé et, plus vous regardez loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. Or, nous assistons de la part de l’opposition actuelle, à une grande comédie, pour faire vite oublier de la conscience populaire, le passé récent de leur exercice désastreux du pouvoir et, s’octroyer ainsi une virginité politique dans l’espoir de remplacer les tenants actuels du pouvoir, ou, à tout le moins, de rendre ingouvernable le Sénégal en surfant sur des imaginaires.

La comédie oppositionnelle actuelle, à quelques encablures des élections législatives de Juillet 2017, est matérialisée par une volée de bois vert assimilable à une batterie offensive au vitriol contre le régime en place, la plupart du temps, sur des questions superfétatoires d’éthique, de morale politique ou de recul démocratique, d’accusations infondées de cessions de partis politiques historiques au parti présidentiel, alors qu’il n’en est rien.

Nous nous souvenons, lors du denier référendum qui a vu la constitutionnalisation de nouveaux droits (droits souverains du peuple sur les ressources naturelles et pour un environnement sain) et du mandat de cinq ans avec la clause d’éternité, pour que plus jamais de tripatouillages comme nous l’avons connu sous le régime du président Wade n’aient plus lieu. Comme il en a été de la théorisation du ‘’wakhwaheete’’ (se dédire), de la supposée légalisation de l’homosexualité ou autres subterfuges tendant à discréditer les tenants actuels du pouvoir aux yeux de l’opinion.

Nous nous souvenons aussi de la lutte du peuple contre le régime du président Wade qui tendait à saper les fondements de la République et de l’Etat de droit avec le tripatouillage de la constitution, la tentative de monarchisation du pays, l’affairisme d’Etat érigé en règle. Au plan économique, nous avions assisté à la dilapidation des ressources publiques (OCI, FESMAN, plan Diakhaye, Monument de la Renaissance etc.), au creusement du déficit budgétaire de l’Etat, à une régression de la croissance économique, à une inflation jamais égalée, aux émeutes de l’électricité, à l’effondrement du monde rural, à la mise à sac des ICS et de la SONACOS, entre autres désagréments…

Cet état de fait avait amené les forces sociales et politiques à se soulever et à faire corps autour des Assises nationales qui ont permis de réunir les conditions de la formation d’une conscience collective contre un pouvoir rétrograde et de précipiter son départ avec un troisième mandat inconstitutionnel. Ce contexte qui avait prévalu entre 2000 et 2012 et qui avait amené la révolution du 23 juin, ne saurait être comparé à la situation actuelle.

L’opposition actuelle tente encore, à la suite du référendum de 2016 et à la veille des législatives, d’affabuler sur une prétendue régression démocratique et économique, comme nous l’avons connu sous Wade, or, de nos jours, il n’y a pas, à proprement parler, de recul démocratique au Sénégal qui reste une référence en Afrique et dans le monde, à la suite de deux alternances démocratiques successives.

L’amalgame fait entre la durée du mandat de sept ans en cours actuellement, constitutionalisée par le président Wade avant son départ du pouvoir, que ni la doctrine, ni la jurisprudence ne peuvent modifier avant son terme et le renouvellement du mandat (troisième mandat) qui a amené le ‘’wakhwaheet’’, démontre, s’il en était encore besoin, de la malhonnêteté intellectuelle l’opposition. En réalité, certaines forces oppositionnelles, sans le dire, agissent pour arrêter la rectification démocratique progressive, le redressement économique et social, la traque des biens mal acquis surtout à la suite de prévarications foncières d’une dimension insoupçonnée sous le régime du président Wade et la reddition des comptes.

Pour cela, l’opposition et tous ceux qui sont menacés par la reddition des comptes, veulent former une union pour abréger la gouvernance de la coalition Benno Bokk Yaakaar, qui, contrairement à la coalition qui avait amené le président Wade au pouvoir en 2000, continue à faire bloc pour l’intérêt national, la préservation et le renforcement des acquis démocratiques, la stabilité politique et institutionnelle, le progrès économique et social.

La démocratie et son approfondissement n’est plus un sujet crucial de débat dans le Sénégal d’aujourd’hui, comme ce fut le cas sous la gouvernance du président Wade, tant les acquis se maintiennent et il y a progrès, au point que la référence au mouvement du 23 Juin, dans le contexte actuel, relève du chimérique.

Georges Sorel disait, toujours à propos de la non réplétion de l’histoire, qu’il ne faut pas que nous agissions guère que sous l’action de souvenirs qui sont beaucoup plus présents à notre esprit que les faits actuels, pour dire que, si la mythologie révolutionnaire est gratifiante, il faut que notre opposition actuelle cesse de rêver de la survenue d’un 23 Juin bis et de revenir à la réalité, car, le débat actuel, c’est agir vers des consensus pour investir dans la productivité et vaincre la misère, l’ignorance et la maladie, dans un monde qui se complexifie davantage avec la montée des égoïsmes, les menaces climatiques et autres catastrophes naturelles, les menaces terroristes et épidémiologiques, les défis démographiques et de l’emploi.

Aujourd’hui, la croissance économique qui tournait autour de 3% en moyenne sous le régime de Wade est propulsée à presque 7% avec une inclusion tendancielle, l’inflation reste à un niveau soutenable de moins de 1%, le déficit budgétaire de l’Etat est ramené de 7% à moins de 4%. A ce titre, la nouvelle mesure de promotion des PME-PMI, si l’on sait que 80% des entreprises sénégalaises sont de petites tailles et que 60% sont du secteur informel, va dans le sens de favoriser une croissance économique inclusive et de renverser les tendances négatives.

Il s’y ajoute, l’amélioration progressive et durable de l’offre d’électricité, la couverture universelle en eau des populations, le relèvement de la qualité de l’enseignement et de la formation avec l’augmentation du volume des investissements sur l’éducation, la réalisation d’un nouveau pôle économique et urbain de Diamniadio, de l’autoroute Illah Touba, du nouvel aéroport Blaise Diagne, du prolongement de la VDN et de l’autoroute à péage jusqu’à Thiès et Mbour, du TER, des programmes d’autosuffisance en riz, oignons, pommes de terre, viande, lait, bananes, du PUDC, de la CMU, qui sont autant de faits tangibles devant être la préoccupation de la classe politique et de la société civile, afin de proposer des projets alternatifs crédibles.

Pour qu’un changement puisse intervenir, il faudrait qu’il y ait régression démocratique et économique, or, sur les deux plans, depuis 2012, il y a progrès, peut-être insuffisants, mais, progrès tangibles, auquel cas, un 23 juin bis dans le contexte actuel, relèverait d’aventures romanesques de marchands d’illusion.

Kadialy Gassama, Economiste 
Membre du BP et du SEN du parti socialiste

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