Fétichisme, sorcellerie au Sénégal : des Sénégalais endiablés par l’envie, la jalousie, la richesse et le pouvoir…


fetich

«Fétichisme, sorcellerie et sacrifice humain dans la vie sociale et dans les domaines du sport et de la politique». C’est le thème du panel organisé par le Réseau des journalistes pour l’information religieuse (REJIR), en collaboration avec le Centre Roqya, le Laboratoire de l’imaginaire de l’IFAN (UCAD) et la maison d’édition Harmattan Sénégal, le 7 mars dernier chez l’Harmattan. Histoire d’aider les citoyens sénégalais à mieux appréhender les questions autour de la sorcellerie, des sacrifices humains mais aussi des tapages médiatiques des nombreux charlatans.

Les profanations de cimetières et de tombes à Dakar et sa banlieue et à l’intérieur du pays sont devenues monnaie courante ou presque. Le phénomène, qui prend de l’ampleur, empêche le développement, y compris de l’être humain, mais surtout fait dépenser beaucoup d’argent.

En vu d’aider les citoyens sénégalais à mieux appréhender les questions autour de la sorcellerie, des sacrifices humains, qui sont souvent les soubassements de ces actes odieux, mais aussi des tapages médiatiques orchestrés par de nombreux charlatans (qui inondent les médias), le Réseau des journalistes pour l’information religieuse (REJIR), a organisé un panel sur «Fétichisme, sorcellerie et sacrifice humain dans la vie sociale et dans les domaines du sport et de la politique», en début de semaine.

Selon Ibrahima Sow, chercheur à l’IFAN (UCAD) et directeur du Laboratoire de l’imaginaire, l’un des panélistes, la persistance du phénomène de la profanation des tombes s’explique par le désir des humains simplement. «On incrimine les politiciens, les lutteurs, mais toute sorte de personne peut y aller. L’ampleur du maraboutage dans notre société est énorme parce que les gens ne croient pas en leur propre responsabilité, il ne croit pas en leur propre mérite. Ils pensent que tout s’obtient par le maraboutage».

Les panelistes considèrent que l’envie, la jalousie, le désir de richesse, etc., sont à l’origine de cette recrudescence de ces actes de profanation et de sorcellerie. Pourtant ces actes sont prohibés par la morale et la religion, mais les gens les commettent quand-même, a-t-il relevé.

Pour Mouhamadou Barro, du REJIR, modérateur du panel, souvent à la veille de certaines joutes électorales, de certains combats de lutte, on a l’habitude de constater des cas de sacrifice. «On a même entendu, au Sénégal, des membres d’un parti politique se tirailler pour leur responsabilité dans des cas de sacrifice. Ce sont des choses extrêmement graves dans un pays qui se dit de croyants et/où ces pratiques occultes occupent la place aujourd’hui, 24h/24, dans certains de nos médias».

Selon les organisateurs de ce panel, pour libérer les Sénégalais de ces pratiques, il suffit de leur faire comprendre le procédé qui les empêchera, demain, d’être embarqués dans certains rituels et logiques où ils risquent de perdre beaucoup d’argent, mais surtout de les amener à les dénoncer. Et Mouhamadou Barro de conclure que «le minimum de respect pour nos morts, c’est de protéger les cimetières. Qu’est-ce qui empêche à l’Etat de mettre dans tous les cimetières du pays des agents assermentés, qu’ils soient des policiers ou ASP pour que nos morts reposent en paix ?», s’est-il interrogé.

CES POSSEDES PAR…LES DJINNS
Ben Halima Abderrahouf, le Tunisien (sa mère est américaine), est lui revenu sur le captage qui est l’inversion du phénomène de possession. «Vous voyez, quand quelqu’un est possédé par les djinns, on le soigne jusqu’à ce que les djinns s’en aillent. Et ça laisse un passage entre lui et le monde des djinns. Ce qui fait maintenant qu’on peut les rattraper avec le Coran et des Doua’a (prières). (…) On lit le Coran jusqu’à ce qu’ils se convertissent en Islam», a-t-il expliqué suite une séance de démonstration sur le phénomène du captage. D’ailleurs, a-t-il souligné, converti à l’Islam à l’âge de 15, il utilise la Roqya en plein temps depuis 1997.

Ben Halima Abderrahouf en est à son 3ème voyage au Sénégal pour soigner des personnes possédées, informer et former à combattre la sorcellerie. Et, face à la récurrence des cas de sorcellerie et de profanation de cimetières où des corps de défunts sont déterrés, uniquement pour des raisons économiques ou financières, le panéliste pense qu’il faut adopter une méthode de sensibilisation pour amener les Sénégalais à être beaucoup plus attentifs et à comprendre que ce sont des phénomènes qui nous habitent.

Durant les échanges, Ben Halima Abderrahouf a noté que «durant la coupe du monde en Afrique du Sud, quand il a consulté les djinns, il s’est avéré que c’est l’équipe de France qui a eu le plus recours à des pratiques mystiques. Et cela s’est retourné contre elle, parce que le football étant un sport pur. Conséquence, l’équipe de France a quitté la compétition sans le moindre but et s’est retrouvée dernière de sa poule», a-t-il souligné.

Sudonline

Vos Commentaires

Partager l'article