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Excision au Sénégal : Saint-Louis en tête de peloton avec 50 à 55% de victimes

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Les chiffres font froid dans le dos. Le taux de filles victimes d’excision reste encore très élevé dans la région Nord. Ce, malgré la tendance baissière notée sur le plan national. A Saint-Louis, les statistiques parlent d’un taux de 50 à 55 % de victimes. Des chiffres qui ne laissent pas indifférente la directrice de la Famille, Coumba Thiam Ngom : «avec l’évolution de la médecine, on se rend compte des dégâts sanitaires causés par cette pratique ancestrale fortement ancrée dans les réalités du pays. Ce phénomène ne peut être éradiqué, sinon amoindri, que par des jeunes leaders bien présents dans les réseaux sociaux.»

Pour la directrice de la Famille, «c’est d’ailleurs le soubassement de la session de formation qui va s’étaler sur trois jours et à laquelle prennent part une quarantaine de jeunes leaders provenant des trois départements de la région de Saint-Louis.» Une session qui, selon Coumba Th. Ngom, devra permettre aux participants d’acquérir des compétences additives dans le domaine des réseaux sociaux en vue de les utiliser pour dénoncer le phénomène de l’excision, dont sont victimes les jeunes filles.» Les différents efforts consentis  par l’Etat du Sénégal depuis les années 1970, ont entraîné un taux d’abandon considérable, assure la directrice de la Famille. Même si, précise-t-elle, «des poches de résistance sont notées dans certaines localités. Dans certaines régions, le taux est effarant, avec près de 80 %.» Un premier plan d’actions initié dans les années 2000-2005 a conduit à des résultats satisfaisants, salués par la directrice de la Famille. Dans cette même logique, mentionne-t-elle, «de 2008-2015, d’autres stratégies de lutte ont permis de ramener le taux national de 30 à 25 %.»

De l’avis de Saïd Fall, Gouverneur adjoint de la région de Saint-Louis chargé du Développement, «la nouvelle approche consistant à utiliser les réseaux sociaux, va permettre aux jeunes de saisir les autorités compétentes sur d’éventuels risques d’excision dans leurs localités respectives.»

L’Observateur

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