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Attentat de Bagdad, le bilan s’aggrave à plus de 200 morts

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L’Irak entame trois jours de deuil national au lendemain de l’attentat perpétré par l’organisation État islamique qui a fait 200 morts dans un quartier commerçant de Bagdad. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier dans la capitale cette année.

Au lendemain de l’attentat qui a frappé Bagdad faisant 213 morts, l’Irak entame lundi 4 juillet trois jours de deuil national. Ce temps de recueillement a été annoncé par le bureau du Premier ministre Haider Al-Abadi, qui s’est rendu sur les lieux du drame et a promis d’en « punir » les responsables.

L’attentat, dont le bilan est le plus lourd dans la capitale irakienne depuis un an, met en lumière l’incapacité du pouvoir irakien à instaurer contre l’organisation État islamique des mesures de sécurité efficaces à Bagdad. Et ce en dépit de l’aide de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, qui entraîne les forces irakiennes dans le cadre de la lutte antijihadistes.

« Dans l’esprit des Bagdadis, la libération de Falloujah signifiait l’incapacité pour les jihadistes de mener des attaques d’envergure dans la capitale, souligne Anne-Sophie Le Mauff, correspondante de France 24 à Bagdad. […] Alors que tout semble rentrer dans l’ordre, le pire attentat-suicide est commis au cœur de la capitale, dans l’endroit préféré des Bagdadis ».

Le Premier ministre Abadi a annoncé dimanche la modification des mesures de sécurité, notamment le retrait des détecteurs d’explosifs, dont l’efficacité avait été mise en doute. Il a aussi ordonné au ministère de l’Intérieur d’accélérer le déploiement du « dispositif Rapiscan pour la recherche de véhicules » à toutes les entrées de Bagdad, et interdit l’utilisation des téléphones portables au personnel de sécurité en service.

Des recherches fastidieuses

Un kamikaze de l’EI a fait exploser dimanche avant l’aube une voiture piégée dans une rue bondée du quartier commerçant de Karrada, où de nombreux habitants faisaient leurs courses avant la fête marquant la fin du mois sacré musulman du ramadan.

L’énorme déflagration a provoqué des incendies dans plusieurs immeubles et échoppes. Des hommes ont dégagé les corps de deux victimes de l’un des bâtiments en feu dans la rue jonchée de gravats et de débris. Les rues du quartier étaient jonchées de décombres et la recherche puis l’identification des victimes pourraient être très longues.

« Dans les listes de victimes que j’ai vues, des familles entières – le père et ses fils, la mère et ses filles – ont été anéanties par l’explosion », a déclaré un membre des forces de défense civile. « Nous aurons besoin de plusieurs jours pour retrouver les corps des victimes », a-t-il dit.

Hussein Ali, un ancien soldat de 24 ans, a affirmé que six employés dans un magasin appartenant à sa famille avaient été tués et leurs corps carbonisés. »Je vais de nouveau rejoindre le champ de bataille. Au moins là-bas je connais l’ennemi et je peux le combattre. Mais ici, je ne sais pas contre qui je dois lutter”, a-t-il dit à l’AFP

Un « acte lâche et odieux aux proportions inégalées »

Malgré ses revers militaires sur le terrain face aux troupes gouvernementales, l’EI parvient à commettre des attentats très meurtriers au milieu de rassemblements civils. L’envoyé de l’ONU pour l’Irak, Jan Kubich, a condamné l’attentat, un « acte lâche et odieux aux proportions inégalées ».

À l’étranger, le président français François Hollande a dénoncé « l’œuvre de criminels abjects » et redit sa « détermination absolue à les combattre partout ». L’attaque « ne fait que renforcer notre détermination à soutenir les forces de sécurité irakiennes », a déclaré pour sa part le porte-parole du Conseil national de sécurité américain, Ned Price.

Avant dimanche, la dernière attaque majeure de l’EI à Bagdad remontait au 17 mai : un double attentat contre deux quartiers avait fait près de 50 morts.

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