Bocar-Gueye

Ascenseur, corde, échelle ou escalier social ?

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«  Quand on est insignifiant dans une société en perpétuelle perte de valeurs, l’espoir de lendemains meilleurs peut se retrouver sous d’autres horizons. Mais chaque décision que l’on prend, contribue à construire notre destinée. » Bocar GUEYE (Demain une autre Afrique)

Il y a ceux qui se trouvent déjà dans l’ascenseur social, les autres qui prennent les escaliers ou une échelle, d’autres qui s’accrochent à une corde pour atteindre les sommets, et ceux qui sont carrément parachutés. Ainsi chacun fournit des efforts selon sa condition, et son environnement social. La compétence validée, corollaire du libre arbitre donc de la conscience professionnelle, régule le socle des valeurs culturelles et morales dans toute société aspirante au développement ; autant sur les plans économique et social, que culturel et religieux. Les ramifications de la corruption achevée, gangrènent ainsi une société affectée à tous les niveaux. Et dans de nombreux secteurs, on se retrouve avec à la tête, des incompétents notoires souvent parachutés par des esprits malsains à travers un système corrompu.

Évidemment, en installant des responsables manipulables à souhait, on a encore une main-mise beaucoup plus accrue sur la masse. Combien de jeunes compatriotes diplômés ou en formation, mais excellents dans des secteurs qui devraient être valorisés dans un pays en quête perpétuelle de la route qui mène vers le développement, sont au chômage, galèrent même pour trouver un stage ; faute d’avoir un << bras long >>. La banalisation du clientélisme, ce fléau qui nécrose notre société est aussi un désaveu cinglant à la notion d’émergence exaltée à tout bout de champ. Des esprits tordus qui dirigent un navire dans des eaux troubles, risquent de ne pas mener les passagers à bon port. A fortiori s’il n’y a aucune volonté manifeste d’arriver ensemble en temps, en heure et dans d’excellentes conditions. Ce cynisme antipatriotique qui pousse indubitablement vers un clanisme féodal, au détriment du peuple en perte de repères et de souveraineté. Un système grégaire, malheureusement sous le prisme de nos dogmes de plus en plus éloignés de la rectitude, donc désuets pour les ambitieux et d’une vacuité absolue pour tout esprit civique.

Pourtant, des bribes d’un passé récent viennent nous rappeler que l’injustice sociale était comme une poudrière exposée au rayon du soleil. Elle est aussi souvent source de révolte, même dans les pays censés être les plus calmes au monde. Lorsque le clientélisme, la félonie, la forfanterie, l’opulence insidieuse, le larbinisme intellectuel et leurs corollaires cohabitent avec la précarité dans sa large majorité, cela devient de plus en plus préoccupant comme situation. Et tous ceux qui cherchent à s’en sortir tout en préservant leur dignité d’être humain, s’endurcissent davantage, à travers des épreuves qu’ils apprennent à surpasser au quotidien. Plusieurs parmi eux tenteront l’aventure vers d’autres horizons ; au péril de leur vie pour ceux qui n’en auront pas les moyens légaux. L’immigration n’est certainement pas gage de réussite sociale, mais pour certains, un moyen de prouver ses compétences et surtout d’être rémunérés à sa juste valeur. Tandis que pour d’autres candidats à l’aventure c’est un parcours du combattant, un véritable cauchemar.

Alors tous ces citoyens qui ont eu un parcours chaotique, et qui ont quand même réussi à s’en sortir, dans ou en dehors du territoire national ; tous ces compatriotes ont leur part de responsabilité sur le devenir de notre Nation. Quand on réussit à construire sa vie avec des valeurs, on a voix au chapitre et surtout le devoir de conscientiser son entourage. Croire que la réussite est accessible à toute personne ordinaire et honnête, est déjà un premier pas vers le salut national. L’accession au pouvoir en France d’un jeune de moins de quarante ans, et son équipe construite juste quelques mois avant les élections présidentielles nous interpelle tous.

Les mentalités évoluent partout vers les extrémités, mais un programme intelligent basé sur l’intérêt supérieur d’une Nation reste un desideratum réel et légitime des populations. La politique politicienne n’a plus aucun effet sur les peuples qui aspirent à un véritable changement, mais cela ne se fera certainement pas avec des médias corrompus. La presse a une part de responsabilité énorme, sur la conscientisation des masses. Les nombreux programmes télé qui sont à la limite catastrophiques, jusqu’à nous faire regretter l’ORTS semblent de plus en plus destinés à nous abrutir. Avec une télévision nationale devenue un outil de propagande du parti au pouvoir. A chaque fois que le régime change, le directeur change et le programme avec.

Le président de la République, chef de parti avant d’être chef d’Etat, omniprésent dans les médias ; son épouse devient naturellement omnipotente et bienfaitrice nationale au service des pauvres. Tout événement est l’occasion pour cette nouvelle classe de laudateurs professionnels (sous couvert de l’étiquette journalistique, insultant au passage une profession très noble), de lancer des propos dithyrambiques à leur encontre. En face, d’autres chaînes privées qui rivalisent d’ardeur dans la course à la sensation, et quelquefois même pire que la Chaîne nationale. La qualité reléguée au second plan, avec des séries étrangères d’une mièvrerie bouleversante, mais terriblement captivantes pour toute âme au quotidien monotone. Et que dire donc de cette nouvelle race d’animateurs qui nous renvoient à la figure, chaque jour que Dieu fait à travers leurs gestes et propos, la perte cruelle de nos valeurs culturelles et morales. PS: Un clin d’oeil aux scrabbleurs sénégalais qui revenaient lors des dernières compétitions internationales, auréolés des titres de champions d’Afrique et du monde, mais qui n’ont pas daigné se déplacer pour défendre leurs titres à Abidjan. Excédés de devoir toujours se prendre en charge, mais surtout de n’avoir jamais été encouragés (juste reçus) par nos autorités. Résultat, les titres de champions d’Afrique se sont envolés. Nous avions déjà tiré sur la sonnette d’alarme dans un article intitulé << Scrabbleurs sénégalais, ces éternels oubliés >>. Ainsi, depuis maintenant plusieurs années, on s’évertue à tuer à petit-feu nos champions, dans les rares disciplines où nous étions reconnus et respectés au niveau international (Basket-ball, Scrabble, Judo, Karaté, etc…)

 

Bocar GUEYE

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