Aminata Diack femme de Abdoul Mbaye estime que « les actes et comportements de son mari sont blasphématoires pour une personne ayant occupé…


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Suite à son audience du 3 février 2016, le tribunal hors classe de Dakar a prononcé le divorce d’entre les époux Abdoul M’baye et Aminata Diack pour « injures graves rendant l’existence en commun impossible aux torts exclusifs du mari ».
Selon un rapport que Dakaractu a pu se procurer au niveau de la très confidentielle <>, le tribunal a condamné Abdoul M’baye à payer à son ex-épouse la somme de 50 millions de francs à titre de dommages et intérêts. Les juges ont décidé par ailleurs que le couple était marié sous la communauté des biens et ordonné la liquidation du patrimoine ayant existé entre les deux époux.

Mais pour en arriver là, un long chemin a été parcouru par la dame Aminata Diack. Devant le tribunal, son témoignage en a ému plus d’un. Selon le rapport d’audience que nous avons parcouru, Abdoul M’baye était un mari infidèle et a commis plusieurs fois l’adultère. Le document judiciaire relatant les propos de l’ex épouse M’baye, écrit : «Le bonheur et l’harmonie du couple n’ont été qu’éphémères, puisque les actes de provocation et d’infidélités du mari ont été réguliers et insupportables. »
Le tribunal écrit pour Aminata Diack « qu’en dépit de ses importantes charges, elle s’est constamment évertuée à accomplir ses devoirs conjugaux et jouer pleinement son rôle de mère tout en sauvegardant l’équilibre et la stabilité de la famille, devenue pour elle une préoccupation constante; que tout le long du ménage, elle s’est sacrifiée en mettant tout en œuvre pour y arriver malgré le comportement gravement irrespectueux de son époux. »
Le document poursuit : « depuis plus de quinze ans, Monsieur Abdoul M’baye engagé dans une union monogamique irrévocable n’a pas hésité à prendre une seconde épouse dénommée Bilo Wane (…) Cet acte de Monsieur Abdoul M’baye a démontré le visage d’un homme irrespectueux, à la fois de son épouse, des valeurs qui fondent la famille, de ses propres options et engagements, mais aussi des lois et règlements de son pays. »

Aminata Diack défendue par ses avocats va enfoncer le clou et charger davantage Abdoul M’baye qui avait introduit lui-même cette procédure en avril 2013, au moment de sa toute puissance, il était alors premier ministre du Sénégal. Selon la dame Diack, « la vie de ménage a été ponctuée par les comportements sus-décrits indignes d’un époux responsable, que le lien matrimonial antérieur résultant de son option monogamique indéniable est prohibitif d’une seconde union matrimoniale ; qu’il se glorifie d’une relation adultérine qui dure depuis septembre 1998 et se perpétue dans le temps (…) »

Aminata Diack estime que « les actes et comportements de Monsieur Abdoul M’baye sont blasphématoires pour une personne ayant occupé de surcroît, des responsabilités dans les plus hautes sphères privées et publiques, que pire celui-ci a cherché à l’atteindre au plus profond d’elle-même de par ses comportements sus-décrits, que toutes les turpitudes du (de son) mari ne sauraient être décrites, ni étalées dans le cadre de la procédure tant elles sont insupportables pour elle. Que depuis longtemps, le sieur M’baye ne lui voue aucune affection, ni attention particulière, voulant la réduire au silence et à la résignation (…) »

Et la charge continue contre le nouveau leader de Act, de la part de son épouse dans le procès verbal du tribunal : « Monsieur Abdoul M’baye est un homme irrespectueux de sa parole, de ses engagements, de son épouse et de la stabilité de son ménage (…) à travers ses comportements et actes défiant la morale, que ces faits sont constitutifs d’injures de nature à rendre l’existence en commun impossible et d’adultère grave. » Puis, Aminata Diack conteste l’argument d’incompatibilité d’humeur avancé par Abdoul M’baye pour demander le divorce et souligne que le sieur M’baye veut se débarrasser d’une « épouse indésirable et gênante. » Après avoir constaté tous ces faits, le tribunal a prononcé le divorce aux torts exclusifs de Abdoul M’baye.

Mais le dossier ne s’arrête pas là. Lors de la même audience, le tribunal devait statuer sur la demande de la somme de 200 millions à titre de dommages et intérêts pour Aminata Diack. Abdoul M’baye s’illustrera devant la Cour en demandant que son ex-épouse soit déboutée. Car selon lui, sa femme est suffisamment riche pour mériter le franc-symbolique au titre de dommages et intérêts. Le sieur M’baye rappelle que sa femme est professeur à la Faculté de Médecine de Dakar et médecin dans un hôpital de la capitale, qu’elle gagne deux salaires et est propriétaire d’un appartement en centre-ville de Dakar. La dame Diack répliquera que les dommages et intérêts demandés ont pour but de réparer son immense préjudice. Le tribunal dans son verdict soulignera que « les inconvenances de Monsieur M’baye ont freiné ses aspirations (ndlr, son épouse) à fonder un foyer stable, harmonieux et durable. » Sur ce, le tribunal condamnera Abdoul M’baye à lui verser la somme de 50 millions de francs.

L’attention du tribunal a particulièrement été retenue par le certificat de mariage, objet de toutes les polémiques entre les époux. Là aussi, la dame Aminata Diack accuse son ex-mari d’avoir fait du faux. Selon, le rapport du tribunal, elle relève une tentative frauduleuse du mari de dénaturer le régime matrimonial (communauté des biens) liant les époux. Les conseils de Aminata Diack produiront devant le tribunal le certificat de mariage Numéro 002/1982 délivré le 25 juillet 2014 par le centre d’Etat civil de l’hôpital principal de Dakar qui porte la mention communauté de biens. Abdoul M’baye sans le consentement de son épouse, a modifié en 1994, le dit certificat de mariage pour enlever le communauté des biens et le statut de monogame. Au mépris de la loi, comme d’ailleurs le rappelera la Cour : « que décisivement, l’option de communauté n’a pu être remise en cause dans la mesure où l’article 393 du code de la famille ne prévoit que trois causes de dissolution du régime matrimonial, à savoir le décès, le divorce et la séparation de corps. » Par ailleurs, l’officier d’Etat civil du centre d’Etat civil de l’hôpital Principal, Ousseynou N’diaye, convoqué par le tribunal et devant les avocats des deux parties, a révélé que l’examen du registre de l’année 82 a subi une altération des mentions originelles relatives à la communauté des biens. Sur ce, il affirmera que le certificat de mariage donné par l’épouse de Abdoul M’baye est le seul valable. D’ailleurs, le tribunal soulignera qu’il y a eu « une substitution frauduleuse du régime de la séparation des biens au régime initial de la communauté de biens. » Pour être simple, Abdoul M’baye a été reconnu par le tribunal d’avoir falsifié le certificat de mariage et tenté de faire passer un faux document.

Dès lors que le tribunal a reconnu la communauté des biens, il reste donc le partage. Là également, Abdoul Mbaye va soustraire une partie de ses biens à la justice indiquant au tribunal que son patrimoine se limite à son domicile de N’gor et d’autres avoirs sans intérêt particulier. Mais il fallait compter sur la dame Diack, battante et combattive, qui a prouvé au tribunal que la liste des biens évoqués comporte au moins les biens suivants : « Titre foncier bâti N 6665 GRD, reporté au Livre foncier des Almadies sous le numéro 3809/NGA d’une superficie de 1500 m2 servant de domicile conjugal aux époux, titre foncier N° 8579/DK d’une superficie de 339 m2 consistant en un appartement à la rue Gallieni à Dakar, titre foncier 9354/DK d’une superficie de 2646 m2 situé en face de l’ancien palais de justice de Dakar en face de la mer où un chantier immobilier est en construction, parcelle de terrain bâtie, objet du Lot N 21 des résidences de la société immobilière du Lac Rose.

Le tribunal a désigné la notaire Aminata Guèye Fall aux fins de procéder aux opérations de liquidation et Madame Aissatou Diallo Bâ, président du tribunal des céans en qualité de juge liquidateur.

Dans le rapport du tribunal de Dakar, Abdoul M’baye ne conteste nulle part les faits qui lui sont reprochés à savoir l’adultère, l’infidélité et les injures quasi-quotidiennes contre son ex-femme. Il nous revient par ailleurs que le conflit a été tellement outrancier entre les deux époux, que monsieur M’baye a retiré la voiture qu’il avait offerte à sa femme et il est même allé jusqu’à couper les cables électriques du climatiseur de la chambre de son épouse…

 

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