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Aïssata Tall Sall candidate en 2019

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Occupée à faire le deuil de sa maman, Aïssata Tall Sall va renouer avec la politique avec le lancement de son mouvement Politique « Osez l’Avenir » ce samedi au Grand Théâtre à Dakar. Mais, que cache ce « ballon de sonde » à quelques jours des Législatives 2017 et à moins de deux ans de la Présidentielle 2019, le tout dans un contexte d’implosion du Parti socialiste et d’emprisonnement de Khalifa Sall.

« Osez l’Avenir avec ATS » : Une force politique nouvelle

Solennellement, Aïssata Tall Sall a déjà invité ses militants « de s’organiser davantage pour montrer au Sénégal et aux Sénégalais, la force politique nouvelle qu’est notre Mouvement. Une force politique nouvelle, de propositions, d’action et d’engagement sincère et véritable au service du Sénégal ». Au-delà des généralités et des formalités d’usage, que mijote réellement l’amazone socialiste avec le Mouvement « Osez l’Avenir avec ATS » ? Mystère et boule de gomme.

En faisant un peu de prospective politique,  on se demande si à 59 ans, l’ancienne ministre de la Communication, porte-parole du dernier gouvernement socialiste du Premier ministre Mamadou Lamine Loum, n’a pas l’ambition cachée de se présenter à la présidentielle 2019. Et puis, pourquoi pas ?

Aissata Tall a une chance de montrer de quel bois elle se chauffe avec son mouvement, lors des Législatives considéré comme un test grandeur nature et …un tremplin pour envisager, par la suite, un destin présidentiel.

D’autant que le parcours atypique de Macky Sall entre 2010 et 2012 laisse penser que tout est possible en politique. A fortiori pour Aissata Tall qui reste une des personnalités politiques les plus respectées au Sénégal.

Cela dit, l’implosion du parti socialiste est consommée. Avec le capital sympathie qu’elle a drainé après sa sortie sur le “Non” lors du référendum de mars 2015 et son combat pour la libération de Bamba Fall et Khalifa Sall, Aïssata Tall pourrait avoir l’honneur de briguer le suffrage universel en 2019. Ce qui pourrait en quelque sorte freiner aussi les ardeurs de Khalifa Sall qui a vu la caisse d’avance de la Mairie mettre sous extincteur son feu d’artifice politique.

Ce dernier, entre le marteau de la légalité du Parti socialiste et l’enclume de Tanor Dieng, n’a pas encore clairement affiché ses ambitions présidentielles. Et sa mise à mort politique en prison et son éventuelle incarcération pour l’affaire de la caisse d’avance, pourraient compliquer son éventuelle candidature en 2019.

C’est pourquoi logiquement, Aïssata Tall Sall a donc un joker à jouer et « Osez l’Avenir avec ATS » peut être une rampe de lancement pour se jeter dans la mare aux crocodiles.

Aïssata Tall Sall, « héroïne » du NON au référendum

Même si on n’a pas de sondage clair, il est clair que la cote de popularité de la Foutanké ne cesse de grimper depuis ses sorties au vitriol avec un grand NON lors du référendum.  Son courage de lionne, son accent, sa diction magnétique et son charme ont aussi conquis bon nombre d’observateurs.

D’ailleurs, ces derniers mois, une vidéo virale dans laquelle, Aïssata Tall Sall jouait dans un film où elle en guest star le rôle de l’avocate de l’Afrique face à la dictature de l’Occident, a été beaucoup partagée sur les réseaux sociaux. En plus de son image d’amazone et d’avocate tenace, Aïssata Tall serait aussi bien appréciée dans la diaspora du Parti socialiste, sans oublier son aura au niveau de l’écosystème pular.

Aïssata Tall Sall a tout simplement ravi la vedette à Khalifa Sall dans sa dénégation du “Oui” prôné presque dictatorialement par Ousmane Tanor Dieng. Après ce coup d’éclat médiatique sur le NON, l’édile de Podor est apparue au sein de l’opinion comme «l’amazone» du Parti socialiste qui est sur le point sonner le glas du règne de Tanor Dieng comme inamovible manitou et successeur…même si Moustapha Niasse, Djibo Kâ ont échoué à devenir président.

Après sa sortie contre le OUI au référendum du 20 mars prochain, les titres à la une lui avaient même déroulé le tapis rouge :”Aïssata Tall Sall se démarque du PS”, “Aïssata Tall Sall vote +non+, désavoue Tanor et tacle Macky”, “Aïssata Tall Sall vote +non”, “Aïssata passe à l’offensive”, entre autres manchettes à sensation que l’on peut considérer aujourd’hui comme de véritables baromètres de popularité. La femme de Podor avait déchiré et aujourd’hui, elle peut voir la vie politique en rose, même si la Real politique est cynique et imprévisible.

Les arguments d’une dame de fer 

Ce n’est pas une gageure de dire qu’Aïssata Tall Sall apparaît aujourd’hui comme l’une des valeurs politiques sûre du futur. Avocate de Khalifa Sall dans l’affaire de la caisse d’avance, elle a encore été sur les feux de la rampe dans les médiats.

Par ailleurs, côté image, elle n’a rien à envier à Khalifa Sall. Coté communication, elle n’a rien laissé au hasard, en portant des habits très africains et bariolés à la Mama Africa qui renvoient à une Marième Faye Sall, la coqueluche de beaucoup de femmes au Sénégal qui aiment le chic et la classe entretenus par le mythe incassable de l’inimitable “drianké” sénégalaise.

Il est indéniable que la tactique politique du caméléon de Khalifa Sall couplée avec son emprisonnement posent la question à savoir si la guerre présidentielle  de Sall contre Sall aura bien lieu en 2019. Si Khalifa Sall prend deux ans de prison, c’en est fini pour la Présidentielle 2019.

Alors qui de Tanor Dieng, Aissata Tall Sall, Khalifa Sall sera le candidat « socialiste » en 2019. C’est une question à laquelle aucun analyste politique aussi fort en prospective politique ne soit-il, ne peut répondre avec certitude, aujourd’hui. Si Tanor Dieng peut nous réserver un coup du patriarche avec une dernière sortie en 2019, Aissata Tall, avec toute sa véhémence et son approche genre, peut aussi changer le décor présidentiel en 2019 avec « Osez l’Avenir avec Aïssata Tall Sall ». A l’image de sa sœur Aïda Mbodj au PDS, Aïssata Tall Sall détient un atout maître dans la mesure où, plus que toute autre, elle incarne le renouveau si ardemment chanté et théorisé pour un rôle accru des femmes dans les processus de décision dont la Présidentielle 2019 peut en constituer le point d’achèvement.

Avec Emmanuel Macron, tout le monde sait que désormais, tout reste possible en politique.

Léral

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