Abdoulaye Wilane: Khalifa Sall pouvait être le prochain président de l’assemblée nationale de BBY et maire de Dakar


wilane abdoulaye
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Khalifa Sall, actuellement en prison dans le cadre de l’affaire dite de la caisse d’avance, aurait pu être tête de liste de Benno Bokk Yaakaar (BBY) à Dakar pour les prochaines élections législatives. La révélation est du porte-parole du Parti socialiste, Abdoulaye Wilane. Dans cet entretien avec Enquête, le maire de Kaffrine enfonce Khalifa Sall. Pour ensuite demander l’exclusion des rangs du Ps des dissidents comme Barthélemy Dias, Idrissa Diallo, Aminata Diallo entre autres.

Votre parti, le Ps, a fait l’option de cheminer avec BBY pour les élections législatives à venir. Qu’est-ce qui explique ce choix ?

Le choix du Ps repose sur des considérations objectives qui restent inextricables à l’intérêt national et à cet objectif de refondation de l’action politique, de réconciliation des citoyens avec l’engagement politique.

Vous avez eu du mal à parler le même langage sur la question.

Ça n’a pas fait l’unanimité parce qu’il y en a qui pensent qu’il faut des candidatures de témoignage, d’identité, de référence idéologique. Non ! Ils sont en retard par rapport à l’évolution du temps. Dans le monde, nous sommes aujourd’hui à l’ère des coalitions. Parce qu’en réalité, c’est un problème lié à la crise de l’identité, de l’éducation et du référentiel idéologique et culturel. Et ce n’est pas seulement au Sénégal. La formation au rabais ou bâclée a fait qu’aujourd’hui on ne forme plus de brillants esprits. Au Ps, les gens qui sont aujourd’hui pour un candidat d’identité remettaient en cause la candidature probable d’Ousmane Tanor Dieng à travers le débat qu’il y avait sur le candidat naturel.

Vous faites allusion à qui ?

Ce sont les Khalifa, Aïssata et autres. Les mêmes camarades ; depuis lors, ils ont caressé l’idée un jour d’être candidat pour l’histoire. Mais ils oublient que l’ère des perspectives individuelles est révolue. Nous sommes maintenant à l’ère des perspectives collectives. Coûte que coûte, ils veulent être candidats. Ils se prêtent alors au jeu des adversaires du régime et du parti. Sans aucun doute, ceux qui savent qu’ils peuvent utiliser l’un d’entre eux pour affaiblir le parti dans le but de pouvoir négocier favorablement avec le Ps, ils vont les encourager. Les autres qui n’acceptent pas d’être dans cette perspective, ils vont les pourchasser. Vous savez, lorsqu’un lion suit un troupeau de zébus, la première bête qui s’isole est la proie. C’est ça que malheureusement les amis qui sont autour de Khalifa Sall et Aïssata Tall Sall n’ont pas compris. Parce que, comme Senghor le disait, qui veut aller loin ménage sa monture.

Est-ce un hasard que dans un tel contexte de contestation, Khalifa Sall, Bamba Fall, Barthélemy Dias et tous ceux qui leurs sont proches aient des démêlées avec la justice ?

Ce ne sont pas des choses liées. Pour ce qui est de Khalifa Sall, incontestablement il a un leadership et une influence à Dakar où il a du répondant. Mais l’intelligence doit nourrir le courage. La lucidité doit irriguer la détermination. Malgré les évènements du 5 mars 2016, il avait répété à travers la presse, qu’il était dans BBY en tant que militant et Secrétaire national à la vie du parti. S’il avait compris qu’un bon compromis quelquefois vaut mieux qu’un mauvais procès, et que dans le cadre du parti, il ne cherche pas à enfoncer une porte ouverte, que dans le BBY il cherche à tirer son épingle du jeu, celui du parti et du pays, il aurait pu obtenir ce qu’il veut. Je fais une révélation peut-être, mais si Khalifa avait compris que l’objectif immédiat, 2017, c’était comment faire pour concilier les intérêts divergents, il aurait pu être tête de liste de BBY.

Comment cela pourrait-il être possible ?

S’il avait accepté d’être tête de liste de BBY, étant entendu que Moustapha Niasse qui voulait être président pendant cinq ans a été vice-président de la République, donc président de l’Assemblée nationale pendant cinq ans, OTD est devenu président du HCCT, il aurait pu diriger la liste de BBY. Même dans Dakar, les 7 députés qu’on doit y élire, il aurait pu prendre les 4 pour sa coalition  (Taxawu Dakar) et les 3 reviendraient à BBY. En ce moment-là, tête de liste d’une telle coalition, il ne peut être que victorieux et brillamment avec un mandat de 5 ans à l’Assemblée nationale tout en continuant à être maire de Dakar et avec la possibilité de rempiler encore sans préjuger de ce qui peut arriver en 2019 où il peut être question dans ces conditions, d’un accord tactique, stratégique où le Ps, lui-même ou tout ou partie du Ps ou de BBY, peut avoir en 2019 un candidat à côté du candidat sortant, histoire de se jauger. Si le candidat sortant rempile dès le premier tour, tant mieux pour lui. S’il ne rempile pas dès le premier tour, en ce moment-là, le partenariat stratégique, le compagnonnage qu’on a connu, les convergences de vue qu’il y a eues sur le plan programmatique et gouvernementale, pourraient nous amener en ce moment à réunir nos forces pour continuer le compagnonnage avec BBY. Etant entendu que le candidat député sera élu à l’Assemblée jusqu’à 2022. On sera alors à la veille de 2024 où il va se passer quelque chose d’historique.

Comme quoi par exemple ?

Ce qui va se passer en 2024, c’est qu’on aura un président de la République sortant, qui n’est pas candidat à sa propre succession. En ce moment, si on a quelqu’un qui a été tête de liste de BBY, après avoir été tête de liste victorieux de Taxawu Dakar et candidat avec ses états de services, il aura le temps en 2022 de pacifier ses rapports avec le pouvoir. Je rappelle que Tanor Dieng avait en son temps conseillé fort pertinemment qu’un président de la République dans un pays comme le Sénégal et un maire d’une capitale comme Dakar doivent pouvoir se parler. Je rappelle que ce qui lie Macky Sall à Khalifa Sall est très fort.

Qu’est-ce qui les lie ?

Il faut convoquer 2009. Cette année, après s’être séparé d’Abdoulaye Wade, avant d’aller à la mairie de Fatick, avant de devenir président de la République du Sénégal, nombre des collaborateurs de Macky Sall étaient autour de Khalifa Sall. Il y avait des conseillers comme Moustapha Diakhaté, Benoît Sambou, Mbaye Ndiaye, Abdou Mbow, Abdourahmane Ndiaye, etc. Ces gens-là, ils n’ont pas tiré tous les enseignements de ce que nous avons vécu depuis les indépendances à nos jours.

Pensez-vous que l’APR puisse permettre à Khalifa Sall d’être tête de liste à Dakar au regard des actes posés lors des dernières échéances ?

Il ne m’appartient pas de juger mes semblables. Je dis qu’en 2014, ils se sont affrontés. Le peuple de Dakar a tranché. En 2016, nous avons eu le référendum puis les élections des membres du HCCT. Là aussi, la démocratie a fait son jeu. Dans un pays qu’on appelle le pays de dialogue, si ceux qui étaient dans BBY n’étaient mus que par une perspective nationale, ils doivent absoudre leurs individualités pour s’entendre. Les voies du dialogue n’étaient pas épuisées parce que nous sommes dans un pays où l’ensemble des dirigeants politiques ont souvent les mêmes guides religieux. Dans ces conditions, j’estime que c’était à la classe politique et aux dirigeants de ce pays, patronat, autorités religieuses, syndicales et autres, d’entrer en jeu pour rabibocher, rafistoler, recoller les morceaux et aider les gens à se parler. Je pense que ce n’est pas encore trop tard. Parce que si on se parle avec humilité, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas  s’entendre.

Est-ce que dans cette affaire, l’emprisonnement de Khalifa Sall n’est pas une manière de mettre la pression sur lui et donc, une pression politique ?

Je ne sais pas. Je ne suis pas dans le système de l’Etat. Je suis maire. Je suis un porte-parole de parti.

Quel est votre avis sur son emprisonnement ?

Je ne suis pas dans la divination. Je rappelle simplement les faits. Mais auparavant, je voudrais dire solennellement que je me veux républicain, un citoyen loyal à la République et aux Sénégalais. Je n’ai pas à commenter une affaire qui est pendante devant la justice tout en sachant que, autant il y a des présomptions de culpabilité, autant il y a des présomptions d’innocence qu’il faut faire prévaloir. Cela dit, parlons de faits et d’aveux ou d’affirmation. Il s’est agi d’une affaire qui nous a été révélée sur la place publique par Khalifa Sall qui a dit qu’il a été convoqué par la Brigade des affaires générales de la Dic, dans le cadre du suivi d’une mission d’enquête, de vérification de l’Ige. Moi, c’est la première fois que j’ai entendu parler de caisse d’avance, puis de caisse d’avance dans des fonds politiques ou de fonds politiques dans une caisse d’avance. Je ne sais pas ce que cela recouvre.  De ce que j’en sais,  lui-même aurait reconnu avoir reçu régulièrement 15 millions par quinzaine et donc 30 millions par mois pendant un certain nombre d’années. On lui demande de dire où est allé l’argent et il dit qu’il ne le dira jamais et qu’il préfère aller en prison que de le dire. Je pense tout naïf, que si j’étais à sa place, j’aurais dit : voici les associations, mouvements, familles, Sénégalais qui en ont bénéficié. Je m’organiserais avec la plus grande honnêteté à prouver la destination de l’argent si tenté qu’il est allé aux gens, avec une rigueur mathématique. Ça, si je le fais et que malgré tout, les autorités  me convoquent, à partir de ce moment, je pourrais parler d’acharnement politique.

Ne pensez-vous pas que c’est le cas ?

Khalifa Sall a avoué avoir reçu de l’argent liquide, rubis sur ongle mais ne veut pas dire les bénéficiaires. Puis affirmant n’avoir trouvé de traces et preuves des autres maires avant lui, il affirme avoir procédé de la même manière que ses prédécesseurs. Curieux et accusateur ! Voilà que Pape Diop s’en démarque. C’est là une affaire de serpent qui se mord la queue.  Bon courage à ses avocats. Il aurait, selon moi, mieux fait de lister les bénéficiaires et montants. Mais là, j’aurais voulu l’entendre dire : ‘’je n’en fais pas partie’’, que de l’entendre dire : ‘’je ne suis pas le seul à le faire’’. Il nous aurait mis à l’aise en étant au-dessus de tout soupçon. A entendre et à lire les maires francophones, ils n’en pensent pas moins. De toutes les façons, la Justice tranchera.

Mais dans cette affaire, on n’a quand même pas senti le soutien du PS…

C’est archi faux ! Ce que j’ai dit n’a jamais été démenti par Ousmane Tanor Dieng. Il l’a lui-même dit avec sagesse et mesure. Il n’a jamais dit autre chose que ce que j’ai dit. Humainement, nous souffrons pour ce qui lui est arrivé. Parce que nous ne lui souhaitons jamais pareille situation. OTD a rappelé qu’il n’a jamais eu un problème personnel avec Khalifa. Il ne se souvient pas avoir entendu ou qu’on lui ait rapporté une seule fois des propos désobligeants que Khalifa aurait tenus sur lui. Leurs relations ont toujours été cordiales et fraternelles. Mais nul n’est au-dessus de la loi. Ce qui lui est arrivé aujourd’hui peut arriver à n’importe quel maire parce que la gestion des affaires locales est très délicate.

Mais il n’y a pas que Khalifa qui est en prison….

Y a qui d’autre ?

Il y a Bamba Fall

Ces raccourcis et ces amalgames ne sont pas profitables ni aux acteurs politiques ni aux journalistes. Ayons le courage de séparer les choses quand il faut édifier les Sénégalais. M. Bamba Fall et tous ceux qui sont avec lui dans les liens de la détention, relativement à l’attaque de la maison du parti et du bureau politique, sont là-bas parce que les actes qu’ils ont posés ont amené le Procureur à avoir le besoin de les entendre. Là aussi, c’est la loi. Depuis que Macky Sall est à la tête du pays, combien de fois l’Etat a été débouté ?

Mais il n’empêche qu’on parle toujours d’une justice sélective…

Justement. On ne peut pas empêcher aux gens de dire ce qu’ils pensent et qui va dans le sens contraire de ce qui devait être entendu. Parce que l’unanimisme n’existe pas.

Revenons-en à l’affaire Khalifa Sall. Aujourd’hui qu’il est en prison, quel avenir a-t-il au sein du PS ?

Il y a des situations similaires dans le monde dont le traitement va inspirer les gens. Si vous allez en France, François Hollande élu président a choisi des hommes et des femmes avec lesquels il avait en partage un engagement autour de sa candidature. Ces gens-là, beaucoup d’entre eux ont eu à le torpiller. Au Ps sénégalais, nous avons des torpilles et des anguilles. Certains passent tout leur temps à nous torpiller pendant que d’autres étaient des anguilles sous roche. En France, il y a tellement de gens qui ont poignardé dans le dos François Hollande à tel point qu’ils l’ont rendu incapable d’être candidat à sa propre succession. Mais il n’a pas versé dans les lamentations. Il a assumé courageusement son destin. Certains parmi ces gens ont compéti à l’intérieur du Ps, après quoi ils ont  signé qu’ils allaient soutenir le vainqueur des Primaires. Mais on en a vu qui ont torpillé le candidat de l’intérieur et qui ont été déloyaux. Mais le Ps en a tiré les conséquences. Il y en a qui, après avoir choisi un candidat, l’ont lâché, chemin faisant, avant même le début de la campagne pour soutenir quelqu’un qui a été avec François Hollande. Le Ps français  a dit que tous ceux qui ont soutenu un candidat autre que celui issu des primaires vont perdre la possibilité d’être investis. Nous, à l’interne, nous allons instruire le dossier. Ceux qui sont dans le Ps et qui ont fait dans le flagrant délit de déloyauté, de non-respect des règlements du parti, ils se sont auto-exclus. Ils attendaient qu’on les exclût pour qu’ils se victimisent. Mais maintenant que c’est un flagrant délit public, nous allons en tirer les conséquences. Ceux qui étaient en train de nous chercher et de nous faire mal avec l’attentat lâche qu’ils ont perpétré sur fond de combat personnel et de positionnement puéril, la commission de discipline sera mise en branle et après, on  soldera les comptes.

Peut-on s’attendre à ce qu’ils soient exclus du PS ?

Je ne sais pas. Je ne peux pas danser plus vite que la musique. J’attends que la commission de discipline instruise, fasse son rapport et que les instances habilitées à en connaître soient saisies. En tout cas, si on ne faisait que me suivre moi, Batman Dias (Barthélemy Dias), la petite Aminata Diallo, le renégat Idrissa Diallo et tous les autres lâches et traîtres seraient exclus. Dans l’histoire politique, il faudra savoir prendre ses responsabilités.

Y compris Khalifa ?

Pour le moment, je n’ai pas vu une faute de Khalifa. Mais s’il assume cela, il faudra qu’il parte incontestablement. Si j’étais à sa place, je ferais comme Macron. Mais je vous ai dit qu’au Ps, il y a une torpille et une anguille. Mais les masques vont tomber car la vérité est révolutionnaire.

Quel bilan tirez-vous des 5 ans de gestion  du pays de Macky Sall ?

Deux niveaux d’analyse et de réponse. Le premier est la séquence temporelle. Pour moi, 5 ans, c’est trop court pour faire des réalisations qui impressionnent. C’est trop peu dans le cadre d’une démarche inclusive par dialogue afin d’arriver à des consensus qui font le lit de réformes inévitables. Les pays à démocratie avancée en sont arrivés à avoir des mandats de 5 ans et de 4 ans renouvelables une seule fois. Mais ces pays présentent des situations différentes de celles qui prévalent en Afrique. Ces pays ont mis beaucoup de temps et de sacrifices pour arriver à ce niveau de développement. Là-bas, les systèmes sont tellement rodés que ce n’est pas comme ce que nous sommes en train de voir dans nos pays. De l’époque de Diouf à maintenant, il faut reconnaître qu’on a complètement déréglé et déstructuré le système sénégalais à tel point que des fonctions et postes qui échappaient à la politisation sont depuis Wade sous le coup et le joug des politiciens véreux.

Qu’est ce qui a changé, selon vous ?

Il y a la colonne vertébrale de l’Etat qui était composée de technocrates froids, engagés à servir l’Etat dans plusieurs échelons. Aujourd’hui, on voit même des postes qui étaient dévolus à d’anciens ministres et d’anciens hauts fonctionnaires revenir à des politiciens qui n’ont pas dix ans d’expérience et qui ne sont arrivés à ces postes que par positionnement politique. Je pense que les acteurs politiques devraient réfléchir sur cela. Si nous aimons ce pays, il faut qu’on se dise la vérité. Pour moi, même si c’est un mandat unique qu’il faut faire, il faut aller au-delà des 5 ans.

Concrètement, comment jugez-vous le bilan de Macky Sall ?

Le bilan, il ne faut pas l’apprécier sur la base de ce que les gens disent dans le microcosme politique dakarois, sur les plateaux de télévision et dans les studios de radio. Il faut parcourir le pays. Moi je connais des villages où depuis que je suis né, il n’y avait ni eau, ni d’électricité. Je connais des localités qui n’étaient pas désenclavées, qui étaient perdues dans le noir. Aujourd’hui leur sort est tout autre. J’en suis même venu aujourd’hui à proposer que le gouvernement, les partenaires techniques et financiers fassent le recensement des puits abandonnés parce qu’il y a dans ces localités des forages et des bornes fontaines ; qu’on les dote de pompes hydroélectriques, éoliennes ou solaires juste pour faire de l’agriculture irriguée ou du maraîchage. Ça va améliorer la qualité de la nutrition, créer de la richesse, lutter contre la pauvreté et fixer les jeunes dans leurs terroirs.  Si j’en suis à proposer cela, cela veut dire qu’il y a l’eau à la faveur du Pudc. En dehors du Pudc, on parle de Puma pour les zones frontalières. C’est une formidable trouvaille. Moi, j’ai fait le tour du Sénégal dans les parties frontalières avec la Gambie, la Mauritanie et les deux Guinée. Mais il arrivait des fois que les gens ne captent pas la radio sénégalaise. Ils n’écoutaient que Rfi. Aujourd’hui, la donne a changé.

Concernant le Promoville, mon cri, c’est celui du maire de Kaffrine. Quand  le Président est venu tenir son Conseil de ministre décentralisé à Kaffrine, il avait promis, dans le cadre de ce programme, 6 km dans un premier temps, nous n’avons rien vu. Cette année, on nous a promis 9 km de goudron, on ne verra rien. Ils nous avaient aussi promis un Hôpital de 150 lits, j’espère  qu’il n’aura pas le même sort que les 6 km de routes qui étaient prévus dans le budget. On nous a promis un stade régional. Mais des membres de l’APR nouvellement venus parmi nous, dans BBY, disent que Kaffrine n’a pas besoin d’un deuxième stade. Ils n’ont pas raison et toute la jeunesse de Kaffrine leur en veut pour cela.  J’espère que ce stade n’aura pas le même sort que les 6 km promis en 2015-2016. On nous a promis pas mal de choses. Nous en avons vu certaines choses. Nous avons vu les forages de Mbirkilane, Missira Wadden, le CDFP de Kaffrine, le bloc scientifique et le CM communal de Kaffrine. Mais ce que nous avons vu est peu par rapport à ce que le gouvernement nous avait promis.  La route de Nganda, nous tardons à l’avoir. Le président est dans le temps de l’action. Mais il y a des actions invisibles. Parce que les branchements sociaux et adductions d’eau, on ne les voit pas. On ne peut voir que les forages, mais on ne voit pas les canalisations. Mais les Sénégalais qui bénéficient de cette eau-là le voient. Dans le cadre de l’éclairage, je sais qu’en 2015, il y avait 61 villages de la région de Kaffrine qui étaient programmés. Aujourd’hui, ils sont aujourd’hui plus d’une quarantaine de villages qui n’ont pas encore d’électricité. Pourtant, il y a des poteaux, souvent des fils. Nous voyons des amorces. Mais je ne sais pas pourquoi ça n’aboutit pas.

Est-ce que la situation n’est pas la même dans toutes les localités où il a tenu un Conseil de ministres décentralisé ?

Kaffrine a des problèmes parce qu’elle n’a rien qui permet de rappeler les problèmes de la région. Dans un pays où tout est urgent, on ne peut pas tout faire. Mais Kaffrine, pendant 5 ans, n’a pas été représenté au bureau de l’Assemblée nationale, même pas dans les commissions. Elle n’a pas été dans le bureau du Conseil économique, social et environnemental, dans le Gouvernement du Sénégal. Mais ce n’est pas parce que nous n’avons pas de cadres kaffrinois dans le Gouvernement que nous n’allons pas reconnaître ce que le gouvernement a fait de bon dans notre terroir.

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